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Montagn'Hard 2019 - "Ôrage, Ô désespoir..."

11 Juillet 2019

Indépendamment de ma volonté je ne suis pas finisher de cette Montagn’hard 2019 version 100km.

Le contexte

Cette course devait marquer mon retour à la compétition après plusieurs pépins physiques (déchirure aux ischios, entorse de la cheville et opération des dents de sagesse), pour enfin refermer une page compliquée de ma vie de sportif en mousse… 

J’ai fait la route jusqu’en Haute-Savoie bien conscient du fait d’être un peu court niveau prépa, avec un volume d’entraînement de Mickey… Heureusement je pouvais encore une fois compter sur un soutien de « qualitey », en la personne de Tristan, venu en express m’aider à franchir ce cap des 100 kilomètres…

La course

Samedi 6 juillet, 3h00, le réveil sonne. J’ai encore sommeil, rien d’étonnant, mais je suis impatient de rallier la ligne. Mon sac est prêt depuis la veille. Bizarrement, je suis sûr de moi et plutôt confiant au moment d’aborder cette aventure.

Comme d’hab’ je déjeune léger, j’enfile mes Terra Kiger 5, et Tristan me conduit au départ. Il fait déjà « chaud », on est tous en T-shirt à 05h du matin.

L’ambiance est bonne, je suis détendu. Le speaker lance décompte. « 10..9…8[… ]3..2…1, C’est parti !

Je m’enferme dans ma bulle. J’ai prévu de passer une trentaine d’heures en course, voilà pourquoi je ne cours que sur une centaine de mètres après le départ avant de me mettre immédiatement en mode « gestion », car c’est le Mont Joly qui nous attend d’entrée, avec ses 1400m de D+ sur 12km…

Au fur et à mesure que nous avançons, le soleil projette sa lumière sur les contreforts du Mont-blanc. Je suis aux anges.

Comme d’habitude, je fais mon départ diesel, en milieu de peloton.

Je boucle les 12km (et 1400D+) d’ascension jusqu’au 1er ravito en 02h56 et 10 secondes, en 176èmeposition, plein de fraîcheur (évidemment).

Sommet du Mont Joly
Passage au sommet du Mont Joly
Photo du ravitaillement du Pontet
Ravito du Pontet

La descente jusqu’au second ravito est roulante. La température est idéale, le soleil reste masqué par quelques nuages au-dessus du toit de l’Europe.

Je gère, après avoir reçu les précieux conseils « du Taz » me déconseillant de m’enflammer dans ces jolies descentes.

Arrivé en bas, je retrouve Tristan au ravito. Je prends le temps de souffler et de bien m’alimenter.

À mon départ du Pontet, le chrono affiche 04h33´57 de course et je suis en 168ème position.

La montée qui suit jusqu’au Bolchu est plus compliquée sous les premières chaleurs mais rien de bien alarmant. Arrivé en haut, j’aperçois la base de ravitaillement à 1km de moi environ. J’ai la dalle, alors j’accélère.

Je prends le temps de m’arrêter pour un repas copieux, le prochain ravitaillement solide se situant dans 20km (et combien d’heures?…) Jambon de pays et tome de Savoie… Un festin!

Je repars à 06h57´02 de course en 149ème position en direction du col de la fenêtre.

Ce col est dingue, et porte bien son nom.

Il marque la limite entre Savoie et Haute-Savoie, offrant un panorama magnifique sur les deux départements.

Je m’arrête quelques instants pour en profiter.

Il ne me reste plus qu’à descendre jusqu’au km36, qui marquera le début de la 3èmeascension du jour (sur 8 au total).

Photo du col de la fenêtre
Le col de la fenêtre
Direction très la tête
Direction le refuge de Tré le tête

Me voici à présent dans la montée en direction du refuge de « tré la tête ».

Je reçois un coup de téléphone de Tristan, qui m’annonce deux bonnes nouvelles:

  • La première, c’est qu’il m’attend en haut. Ce jobard a fait la montée en vélo. Au vu de certains pourcentages sur lesquels ma montre m’affiche une vitesse de 2km/h, je me demande comment il a fait avec le poids de son vélo en plus…
  • La seconde bonne nouvelle, c’est que de la bière nous est servie au ravito, la fameuse « bière du bagnard » (une tradition franchement sympa de cette Montagn’Hard).

Tout bascule

C’est précisément à mon arrivée là-haut que tout s’effondre.

Il est 14h, ça fait maintenant 09h que je suis en course, quand des rumeurs de neutralisation de la course arrivent à mon oreille… Le département est passé en alerte orange « orages » à partir de 16h jusqu’au lendemain 06h00, pile poil sur les horaires de la course. Des évènements violents sont attendus.

Sur demande du préfet, l’organisation aurait décidé d’arrêter la course et de rapatrier tous les coureurs jusqu’au village départ, en navette.

En laissant le refuge derrière moi, je jette un œil sur la page Facebook de la course, qui confirmera cette information. À ce moment là, tout s’écroule, et pour tout le monde…

La descente jusqu’à Miage est un chemin de croix, sans envie, sans plaisir. La déception est grande, surtout qu’il n’y a personne à qui en vouloir. Je ne terminerais pas la course, et ce ne sera ni de ma faute, ni de celle de l’organisation.

Le ciel est sombre, et on ne voit déjà plus la vallée à ce moment-là. C’est la montagne qui a décidé, et on ne joue pas avec la montagne…

On s'arrête là.

Km 50. Au bas d’une descente en sortie de bois, Miage.

Une bénévole nous informe gentiment et avec tact, que notre course est terminée. Nous devons rendre nos dossards, et nous diriger vers la zone de rapatriement.

J’appelle Tristan, qui se propose de venir me récupérer. Direction Saint-Nicolas de Véroce pour la douche. Et changement de programme pour la soirée. Ce devait être dénivelé, frontale et pluie, ce sera finalement charcuterie, tartiflette et gros rouge, histoire d’oublier la déception!

 Je tiens à remercier l’organisation de cette Montagn’Hard 2019 ainsi que tous les bénévoles présents sur et en dehors du parcours. Vous avez été au top, et certainement encore plus déçus que nous !

 Au vu de cette première partie de course, j’espère sincèrement refaire partie de l’aventure l’année prochaine !

Merci aussi à toi Tristan pour ton soutien ton assistance. Comme d’habitude, c’était parfait!

 A bientôt !

Edition 2019